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L’Obsidienne
Son origine
Fille des volcans, l’obsidienne est une pierre semi-précieuse.
Elle est née voilà des centaines de milliers
d’années, lorsqu’une lave acide se refroidit
brutalement et se vitrifit sous le choc thermique.
Elle se présente sous différents aspects : noire, grise, gris bleu, marron ou rouge. Elle peut emprunter différentes tonalités qui correspondent à différentes compositions, au temps de refroidissement et à la présence d’inclusions contenues dans la pierre.
L’obsidienne est une pierre rare. En effet, tous les
volcans n’en produisent pas. Et lorsque cela est le
cas, la pierre n’est pas toujours d’une qualité
suffisante pour être taillée. En particulier,
si des microfissures ou des microcristaux sont présents
en nombre trop important, elle explosera lors de la taille.
Les principaux gisements sont dans le Caucase, en Ethiopie
et en Amérique du Sud.
Très homogène, l’obsidienne d’Arménie
est réputée pour sa beauté et ses qualités
de taille. Elle est de plus la seule obsidienne au monde
à être translucide. Taillée en fines
épaisseurs (moins de un cm ) elle devient transparente
et les zébrures qui la parcourent produisent des
dessins étranges qui rapellent le sumi-e (lavis pour
les Chinois).
Plusieurs sites sont exploités en Arménie. Les plus récents datent du pléistocène moyen (0,7 à 0,1 million d’années), tandis que les plus anciens remontent au pliocène (2 à 4 millions d’années). La collection Obsidienne de cub-ar est donc réalisée avec des pierres âgées en moyenne de 2 millions d’années !
L’histoire de l’obsidienne, c’est l’histoire de l’Homme. D’abord utilisée pour des accessoires du quotidien dans les temps reculés, elle devient peu à peu pierre de prestige, prisée pour sa noire brillance, pour sa rareté et pour ses pouvoirs bénéfiques.
L’obsidienne d’Arménie est née
sur les flancs du Mont Ararat , là même où
dans la Genèse nous apprenons que Noé a échoué.
« Au Bout de cent cinquante jours, les eaux
diminuèrent et, au septième mois, le dix-septième
jour du mois, l’Arche reposa sur les monts de l’Ararat. »
(La Bible La Genèse 8, 5)
Au tout début
L’obsidienne est utilisée dès la préhistoire. Dure et tranchante, elle était idéale pour la fabrication d’objets d’utilisation courante : couteaux, pointes de flèche ou de lance, grattoirs…
Durant la période lithique (utilisation de pierres dans la vie quotidienne), l’obsidienne est préférée au silex partout où des gisements existent. En Arménie, son utilisation date de la fin du paléolithique jusqu’à l’âge de bronze (env. 14 000 à 3 500 av. J.-C.).
A l’âge de bronze, le métal remplace progressivement la pierre dans la fabrication des outils. L’obsidienne est de moins en moins utilisée… puis oubliée.
Pierre de prestige
Les Egyptiens de l’époque des Pharaons utilisaient
déjà l’obsidienne pour sa préciosité,
sa beauté et son mystère. Le Metropolitan
Museum of Art de New York dispose dans les collections présentées
de plusieurs vases et pots en obsidienne noire cerclés
d’or provenant de El-Lahun
(Egypte) et datés entre la XIIème et la XVIIIème dynastie (1991 à 1293 av J.C.). L’obsidienne grâce à sa densité et son éclat donne un aspect mystérieux et impénétrable : Les Egyptiens, encore, l’ont utilisé à plusieurs reprises pour réaliser les yeux de statues. L’utilisation la plus fameuse est sans doute les yeux du masque funéraire du pharaon Toutankhamon (1323 av.J.-C.). C’est la Rome antique (env. - 753 av. J.C.+500 ap. J.C.) qui la remet à la mode en occident, lorsqu’un certain Obsius la rapporte d’Ethiopie et lui donne son nom. Hérodote (484 - 425 av. J.-C..) lui préférait le nom de « pierre d’Ethiopie ».
Dès lors, sa belle couleur noire et brillante, associée à sa rareté, en font une pierre de prestige utilisée pour la confection d’ornements et d’objets précieux, tels que vases, miroirs, pots à onguents, ou simplement montée en bijou.
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Son mystère
Au-delà de sa fonction de pierre de parure, l’obsidienne est réputée pour son énergie bénéfique. Elle est utilisée dès les civilisations précolombiennes pour la confection d’objets magiques. Protectrice, elle est un puissant bouclier contre les énergies négatives. Tranchante, elle perce l’obscurité pour révéler la vérité sur soi.
Ainsi, les prêtres de l’Egypte ancienne se servaient de couteaux en obsidienne pour éloigner les énergies néfastes lors des cérémonies d’embaumement.
Lithothérapie
Aujourd’hui encore, les vertus bénéfiques de l’obsidienne sont utilisées en lithothérapie (soin par les pierres), dont elle est l’une des pierres majeures. Elle protège des énergies négatives, c’est une pierre de réalité attachée à la terre, elle fait apparaître la vérité et chasse les illusions. Conseillée pour guérir les dépressions nerveuses, elle enveloppe d’une force protectrice. Le noir couleur de la maîtrise par l’esprit en Orient lui confère un degré de conscience avancé.
Elle est utilisée particulièrement pour les problèmes liés à la circulation du sang, la fortification du système osseux, elle est aussi employée pour les maux d’estomac et les problèmes de digestion.
Sur le plan astrologique, l’obsidienne est positive pour tous les signes. Elle s’associe particulièrement bien avec les natifs du cancer, du sagittaire, du capricorne et du verseau.
Le travail de l’obsidienne
Sur les flancs des montagnes arméniennes, des blocs d’obsidienne brillent. Les variétés et la qualité diffèrent suivant les sites. L’obsidienne se présente un peu à la façon de rochers, ce sont des blocs qui font rarement plus d’un mètre d’envergure et pèsent quelques dizaines de kilogrammes. L’obsidienne n’est jamais formée en mine ou en carrière comme des roches telles que le marbre. Elle ne permet pas la réalisation d’objets magistraux associés à l’architecture.
Les blocs de bonne qualité sont prélevés et travaillés dans des ateliers artisanaux.
La première phase constitue à les qualifier par types de grandes familles. La seconde phase est la découpe en tranches adaptées à la dimension des objets voulus. Puis de nouvelles coupes sont effectuées pour s’approcher au plus près de la forme finale. L’outillage utilisé a été en majorité fabriqué par les artisans.
Puis le travail de l’objet est réalisé grâce à des outils abrasifs qui prennent toutes sortes de formes suivant le résultat à obtenir (meules, outils concaves, plateaux,…) L’abrasion commence avec un grain très gros pour éliminer rapidement le surplus de matière puis un grain plus fin est utilisé est ainsi 7 grains vont se succéder ! Chaque grain devra avoir été passé correctement pour affiner les marques, le grain suivant ne rattrape jamais les manques du précédent. Toutes ces opérations sont réalisées entièrement à la main avec l’œil pour seul arbitre. L’apprentissage est de plusieurs années pour maîtriser la technique. Puis la phase finale, le polissage est la plus délicate elles nécessite du temps pour que l’obsidienne prenne cette apparence laquée ou le moindre défaut se voit terriblement. La fabrication de chaque objet prend entre quelques heures et plusieurs jours.
De plus en plus d’objets réalisés en pierre sont polis imparfaitement et pour palier ce manque sont vernis. En Arménie, cette technique n’est pas utilisée, le travail est parfaitement réalisé. Les arméniens sont d’ailleurs réputés pour leurs lapidaires (ouvrier qui taillent les pierres précieuses), et plusieurs firmes de premier plan international ont installées sur son territoire des ateliers de taille de diamant.
Il existe aujourd’hui des machines qui permettent de faire de nombreuses opérations de façon totalement automatisée, l’expert ne s’y trompera pas, le travail artisanal fait en Arménie reste d’une qualité inégalée.
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